Posted by: solidarityshop | February 4, 2014

La situation dramatique des veuves en Afghanistan

AFGHANISTAN: Triste sort pour quelque 1,5 million de veuves afghanes

Photo: Abdullah Shaheen/IRIN
Selon les estimations, plus de 1,5 million de veuves vivent en Afghanistan et près de 90 pour cent d’entre elles ne savent ni lire ni écrire
KABOUL, 31 January 2008 (IRIN) – Chaque jour, de sept heures à 18 heures, Zulaikha et ses enfants se faufilent entre les voitures coincées dans les embouteillages de la rue Shar el Naw de Kaboul, tapant aux vitres des véhicules pour mendier quelques pièces qui leur permettront de se chauffer et de se nourrir.

« Nous récoltons souvent 100 à 150 afghanis [deux à trois dollars américains] par jour », a-t-elle dit, ajoutant que cela suffisait à peine pour s’acheter du pain et du thé.

Zulaikha est veuve. Elle a perdu son mari, Jamaluddin, en 1999, au cours des combats qui ont opposé les Talibans, anciens maîtres du pays, aux forces de l’Alliance du Nord dans la banlieue nord de Kaboul. Elle a trois enfants, un garçon de 11 ans et deux filles de huit et neuf ans.

Depuis trois ans, elle vit dans la banlieue de Kaboul, dans une baraque pour laquelle elle paie un loyer mensuel de 15 dollars.

« Il n’y a personne pour nous aider », a déploré la veuve.

L’Afghanistan est l’un des pays du monde où l’on compte le plus grand nombre de veuves (proportionnellement au nombre total d’habitants), une situation qui s’explique par les conflits armés qui ont ravagé le pays pendant plus de deux décennies.

« L’âge moyen d’une veuve afghane est d’à peine 35 ans et 94 pour cent d‘entre elles ne savent ni lire ni écrire »
Sur les quelque 26,6 millions d’habitants que compte l’Afghanistan, il y a plus de 1,5 million de veuves, selon Beyond 9/11, une association américaine à but non-lucratif qui apporte un soutien financier direct aux veuves afghanes et à leurs enfants. Dans la seule ville de Kaboul, il y aurait entre 50 000 et 70 000 veuves, d’après l’association.

Le gouvernement afghan ne dispose pas de statistiques précises à ce sujet, mais selon certaines autorités, on en compterait même plus que 1,5 million.

Analphabétisme

« L’âge moyen d’une veuve afghane est d’à peine 35 ans et 94 pour cent d‘entre elles ne savent ni lire ni écrire », a confié à IRIN Deborah Zalesne, membre du comité directeur de Beyond 9/11 et professeur de droit à l’Université de la ville de New-York.

« Environ 90 pour cent des veuves afghanes ont des enfants et généralement elles en ont plus de quatre », a ajouté Mme Zalesne.

Photo: Mirwais Bezhan/IRIN
« L’âge moyen d’une veuve afghane est d’à peine 35 ans. Environ 90 pour cent des veuves afghanes ont des enfants et généralement elles en ont plus de quatre, selon l’ONG Beyond 9/11
Pour s’en sortir, bon nombre de veuves afghanes tissent des tapis, font de la couture, mendient ou se livrent même à la prostitution.

Dans les zones urbaines, où les femmes accèdent plus facilement à l’emploi et aux autres services que dans les zones rurales conservatrices, une veuve salariée gagne en moyenne près de 16 dollars par mois, selon les estimations des experts.

D’après le ministère de la Femme (MdF), le logement, la nourriture, le travail et la protection sociale font partie des principaux sujets de préoccupation des veuves.

Pendant l’hiver, lorsque le prix du carburant et de la nourriture augmente, les foyers gérés par des femmes deviennent particulièrement vulnérables.

Des troubles psychosociaux

« Les veuves sont également plus sujettes aux troubles émotionnels et psychosociaux que les femmes ou les hommes mariés, généralement en raison de problèmes liés à l’exclusion sociale, au mariage forcé, à la violence sexiste, et à l’absence d’opportunités économiques et de possibilités d’éducation », a souligné Mme Zalesne.

« Dans la société patriarcale afghane, la mort d’un époux réduit non seulement l’indépendance financière de sa femme, mais affecte aussi sa perception de la protection sociale », a expliqué Hussein Ali Moin, responsable au ministère de la Femme.

« Les veuves sont également plus sujettes aux troubles émotionnels et psychosociaux que les femmes ou les hommes mariés »
Le gouvernement et les bailleurs de fonds à la traîne

À l’instar de Soraya Subhrang, membre de la Commission afghane indépendante des droits humains, certains activistes des droits de la femme ont critiqué le gouvernement et les bailleurs de fonds internationaux, qui n’en font pas assez, selon eux, pour soulager les souffrances des veuves.

« Les femmes afghanes en général et les veuves en particulier n’ont pas voix au chapitre et sont aussi privées de toute représentation significative dans les institutions publiques », a déploré Mme Subhrang.

Un avis que semblent partager les fonctionnaires du ministère de la Femme, qui reconnaissent aussi que les veuves afghanes vivent souvent dans des conditions déplorables et que des efforts supplémentaires doivent être faits pour résoudre leurs problèmes.

La stratégie provisoire de développement national de l’Afghanistan (i-ANDS) a un objectif noble : réduire d’au moins 20 pour cent la pauvreté chez les femmes et s’assurer qu’elles représentent au moins 20 pour cent des effectifs de tous les organismes publics d’ici 2010. Mais à en croire les analystes, il y a encore beaucoup à faire pour améliorer les conditions de vie des veuves comme Zulaikha.

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Theme(s): Early Warning, Gender Issues,

[This report does not necessarily reflect the views of the United Nations]

Posted by: solidarityshop | June 21, 2013

Journée mondiale des réfugiés

La guerre demeure la principale cause des déplacements de population. Pas moins de 55% des réfugiés recensés dans le rapport du HCR sont originaires de cinq pays touchés par un conflit, en l’occurrence l’Afghanistan, la Somalie, l’Iraq, la Syrie et le Soudan. Le rapport retrace aussi de nouveaux afflux massifs depuis le Mali, en République démocratique du Congo ainsi que depuis le Soudan vers le Soudan du Sud et l’Éthiopie.

« Il s’agit là de chiffres véritablement alarmants. Ils attestent de souffrances individuelles intenses et témoignent des difficultés que rencontre la communauté internationale pour prévenir les conflits et promouvoir sans retard des solutions à l’intention de ces personnes », a déclaré António Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés et chef du HCR.

© HCR
Principaux pays d’origine des réfugiés, fin 2012

Le rapport met en lumière des tendances préoccupantes, notamment le rythme auquel les personnes se retrouvent dans des situations de déplacement. En 2012, près de 7,6 millions d’individus sont devenus nouvellement déracinés, dont 1,1 million comme réfugiés et 6,5 millions comme déplacés internes. Cela signifie qu’il y a un nouveau réfugié ou déplacé interne toutes les 4,1 secondes.

Il est également évident que l’écart entre pays riches et pays pauvres ne cesse de se creuser du point de vue de l’accueil des réfugiés. Sur les 10,5 millions de réfugiés relevant de la compétence du HCR (par ailleurs, 4,9 millions de réfugiés palestiniens dépendent de notre agence sœur, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), la moitié vit dans des pays dont le PIB par habitant est inférieur à 5 000 dollars E.-U. Dans l’ensemble, les pays en développement abritent 81% des réfugiés dans le monde, contre 70% il y a dix ans.

Posted by: solidarityshop | June 16, 2013

Crimes en Irak et en Afghanistan

Le vétéran de la guerre d’Irak Tomas Young, actuellement en soins palliatifs dans sa ville de Kansas City, au Missouri, a écrit une « dernière lettre » dévastatrice publiée sur Truthdig.com à l’attention de l’ex-président George W.Bush et du vice-président Dick Cheney.

Young, à qui était consacré le documentaire de 2007 Body of War [chronique en anglais] explique qu’il écrit sa lettre « au dixième anniversaire de la guerre d’Irak au nom de mes camarades vétérans de la guerre d’Irak. J’écris cette lettre au nom des 4488 soldats et marines qui sont mort en Irak. J’écris cette lettre pour le compte des centaines de milliers de vétérans qui ont été blessés, et pour le compte de ceux dont les blessures physiques et psychologiques ont détruit leur vie. Je suis l’un de ceux qui ont été gravement blessés. J’ai été paralysé au cours d’une embuscade de l’insurrection en 2004 à Sadr City. Ma vie touche à sa fin. »

Young poursuit : « J’écris cette lettre pour le compte de ces vétérans dont le traumatisme et le rejet de soi causés par ce qu’ils ont vu, subi et commis en Irak les a poussés au suicide, et pour les soldats et marines en service actif qui commettent en moyenne un suicide par jour. J’écris cette lettre au nom de certains des 1 million d’Irakiens morts et au nom des innombrables Irakiens blessés. J’écris cette lettre au nom de nous tous – les déchets humains que votre guerre a laissés derrière, ceux qui passeront leur vie dans la douleur et les remords sans fin. »

Body of War (2007) : Tomas Young se rendant sur le site de Ground Zero [crédits : Ellen Spiro /Mobilus Media]

S’adressant à Bush et Cheney, Young écrit : « J’écris, non pas parce que je pense que vous saisissez les terribles conséquences humaines et morales de vos mensonges, manipulation et soif de richesses et de pouvoir. J’écris cette lettre parce que, avant ma propre mort, je voudrais dire clairement que moi-même, et des centaines de milliers de mes camarades vétérans, ainsi que des millions de mes concitoyens, tout comme des centaines de millions d’autres en Irak et au Moyen-Orient, nous savons parfaitement qui vous êtes et ce que vous avez fait. » Body of War, co-dirigé par Phil Donahue et Ellen Spiro, raconte l’histoire de Young, sa maladie terrible et son opposition continue à la guerre en Irak. Young s’était engagé dans l’armée américaine après les attentats du 11 septembre 2001, parce que, comme il l’explique dans sa dernière lettre, « notre pays avait été attaqué. »

Body of War (2007) : Des femmes de l’organisation Gold Star Mothers qui ont perdu des enfants dans la guerre d’Irak avec Tomas Young lors d’une marche pour la paix à Washington DC [crédits : Ellen Spiro / Mobilus Media].

Cinq jours seulement après son premier déploiement en Irak en avril 2004, pendant qu’il traversait le quartier de Sadr City à Bagdad dans un véhicule tout terrain, le jeune soldat avait été blessé par balle par un insurgé placé en hauteur. La balle lui a sectionné la colonne vertébrale. À l’époque de l’enregistrement de Body of War, comme la rapportait le WSWS, il était « non seulement rivé sur un fauteuil roulant mais il souffre de graves handicaps supplémentaires, dont l’incapacité à tousser, des troubles de la régulation de la température corporelle, des problèmes d’élocution, des infections urinaires, et des dysfonctionnements sexuels. »

Après une hypoxie cérébrale en 2008, Young, qui a 33 ans aujourd’hui, expliquait à Chris Hedges de Truthdig, « j’ai perdu beaucoup de dextérité et de force dans le haut du corps. Je ne serais même pas capable de me tirer une balle ou même d’ouvrir une bouteille de médicaments pour me faire une overdose. » Il lui a dit, « Je me sentais au bout du rouleau […] J’ai pris la décision de me mettre en soins palliatifs, de cesser de m’alimenter et de disparaître. »

Le documentaire de Donahue et Spiro comprend un certain nombre de scènes émouvantes où Young participe à des activités anti-guerre où il rencontre d’autres vétérans blessés, ainsi que des membres de familles de soldats morts en Irak. En août 2005, avec son épouse de l’époque, Young s’était rendu à Camp Casey, le campement de protestation établi par Cindy Sheehan devant le ranch de George W. Bush à Crawford au Texas.

Malheureusement, les motivations des réalisateurs pour faire ce film n’étaient pas vraiment pures. Body of War se termine sur un laïus lamentable en faveur du Parti démocrate et de son prétendu engagement contre la guerre. Le héros implicite du film est l’ex-sénateur Robert Byrd, démocrate de Virginie occidentale, qui figure dans la dernière scène du film.

Ironiquement, le mouvement anti-guerre officiel, dont faisaient partie des personnalités comme Donahue, l’ex-présentateur de débats télévisés, était sur le point de se dissoudre au moment du tournage et de la sortie de Body of War. La victoire des démocrates aux élections de novembre 2006, suivie immédiatement par des assurances données par les grandes figures du parti qu’il n’y aurait aucune procédure d’impeachment contre Bush et que le financement des guerres d’Irak et d’Afghanistan se poursuivrait, a sérieusement entamé ce processus. L’arrivée au pouvoir d’Obama l’a complété.

Young lui-même adhère à l’idée que la guerre d’Irak était « la plus grosse erreur stratégique de l’histoire des États-Unis, » et affirme dans sa lettre qu’il ne ressentirait pas le même désespoir s’il avait été blessé « en combattant en Afghanistan contre ces forces qui ont mené les attentats du 9/11. »

Pour autant, aucune personnalité du Parti démocrate, parti impérialiste couvert de sang, ne prononcerait des mots aussi sincères et justes que ceux-ci : « Je n’ai pas rejoint l’armée pour “libérer” les Irakiens ou faire fermer des installations d’un inexistant programme d’armes de destruction massive, ni pour implanter ce que vous appelez cyniquement la “démocratie” à Bagdad et au Moyen-orient. Je n’ai pas rejoint l’armée pour reconstruire l’Irak, ce qu’à l’époque vous nous disiez pouvoir faire avec les revenus du pétrole du pays. Au lieu de cela, cette guerre a coûté aux États-Unis plus de 3000 milliards de dollars. Je n’ai sûrement pas rejoint l’armée pour mener une guerre préventive. La guerre préventive est illégale d’après le droit international. En tant que soldat en Irak j’étais, je le sais maintenant, en train de soutenir votre imbécillité et vos crimes. »

Young décrit son corps « saturé d’anesthésiants, ma vie s’éloignant de moi, » confronté au fait « que des centaines de milliers d’êtres humains, y compris des enfants, et moi-même, ont été sacrifiés par vous, uniquement pour la cupidité des compagnies pétrolières, pour votre alliance avec la monarchie pétrolière d’Arabie saoudite, et vos visions impérialistes complètement malades. »

Vers la fin de sa lettre, Young écrit, « j’ai, comme beaucoup d’autres vétérans handicapés, souffert de l’assistance inadéquate et souvent inepte apportée par le ministère des anciens combattants. J’en suis venu, comme beaucoup d’autres vétérans handicapés, à réaliser que nos blessures mentales et physiques ne sont d’aucun intérêt pour vous, peut-être d’aucun intérêt pour aucun politicien. Nous avons été utilisés. Nous avons été trahis. Et nous avons été abandonnés. […] Le moment approche, pour moi, où je devrai rendre des comptes. Le vôtre viendra. J’espère que vous serez traduits en justice. »

La lettre de Young et sa situation témoignent de la tragédie épouvantable des guerres d’Irak et d’Afghanistan, du gâchis et de la destruction de centaines de milliers – peut-être de millions – de vies, toutes sacrifiées à la poursuite de la domination des États-Unis sur le monde. Le « moment de rendre des comptes » approche en effet pour l’élite dirigeante américaine.

David Walsh

Posted by: solidarityshop | April 28, 2013

La guerre n’est jamais cool, ni héroïque.

La guerre n'est jamais cool, ni héroïque.

Posted by: solidarityshop | March 21, 2013

Happy Nowroz, nouvel an 1392

nowroz

Posted by: solidarityshop | March 17, 2013

Une afghane fait une fausse couche au 127bis, inadmissible!

Carte Blanche publiée dans le Soir en Ligne du 8 mars 2013 – Le 14 décembre dernier, une jeune femme afghane faisait une fausse couche dans le centre fermé 127 bis où sont détenus des migrants en séjour irrégulier ou ayant fait l’objet d’un refus d’accéder au territoire. Comme tous les migrants en provenance d’un pays situé hors de l’Union européen et demandant l’asile à la frontière, cette femme et son compagnon furent immédiatement placés en centre fermé.

Malheureusement pour eux, leur demande d’asile a été rejetée par les instances compétentes. Leur détention se prolonge donc en vue de la mise en œuvre de la mesure de refoulement prise à leur encontre par l’Office des Etrangers.

La fausse couche de cette jeune femme était-elle liée de près ou de loin à ses conditions de détention ? Nous n’en saurons jamais rien. Ce que nous savons par contre, c’est que sa grossesse la rendait vulnérable et qu’à ce titre, quelles que soient nos opinions sur la légitimité ou l’efficacité d’une mesure de détention pour s’assurer du refoulement effectif d’un migrant, elle n’avait pas sa place dans un centre fermé.

Il n’est pas difficile à comprendre que le stress généré par une situation de détention, combiné à l’angoisse de l’avenir et aux conditions pénibles d’un régime de groupe peuvent causer de multiples troubles de la santé physique et mentale de la femme enceinte. Une étude publiée dans le Proceedings of the National Academy of sciences a démontré que le risque de fausses couches en cas de stress élevé était multiplié par trois et pouvait atteindre les 90%.

La loi relative aux étrangers, dès son article premier, considère donc logiquement les femmes enceintes comme l’une des catégories de personnes vulnérables, à l’instar des mineurs (accompagnés ou non), des personnes handicapées ou âgées, des parents isolés accompagnés d’enfants mineurs et autres victimes de violences.

Elle n’en tire aucune conséquence quant à la possibilité de détenir, en centres fermés, ces personnes définies comme vulnérables. Il n’en reste pas moins que de multiples traités internationaux reconnaissent la situation particulière des femmes enceintes et le besoin de leur octroyer des soins appropriés et des droits particuliers.

Dans ses nouvelles lignes directrices sur la détention des demandeurs d’asile, publiées en septembre 2012, le UNHCR considère quant à lui que les femmes enceintes et les mères qui allaitent ne devraient, en règle générale, tout simplement pas être détenues.

L’application de la directive « Retour » pourrait également justifier l’interdiction de la détention des femmes enceintes aux fins d’expulsion. Elle impose en effet que les décisions d’internement soient prises au cas par cas et tiennent compte de critères objectifs, « ce qui implique que l’on prenne en considération d’autres facteurs que le simple fait du séjour irrégulier. »

Il est interpellant, à ce sujet, d’observer que les décisions d’enfermement ne sont jamais motivées en regard de l’état de santé des femmes enceintes et que ce dernier n’emporte pas l’application de mesures moins coercitives telle que la mise en détention (comme par exemple une assignation à résidence).

Dans son rapport sur l’application de la Directive « accueil », la Commission européenne déclare avoir de sérieux doutes sur l’existence d’un traitement spécial à l’égard des femmes enceintes et des autres catégories de personnes vulnérables, étant donné que la Belgique ne dispose pas de procédure d’identification de ces groupes.

Ce constat vaut tant pour les décisions d’enfermement que pour les conditions de vie dans les centres. En dehors d’une consultation médicale mensuelle, les femmes enceintes ne bénéficient d’aucun traitement de faveur, alors que la Directive « retour » prévoit l’obligation pour les Etats de tenir compte de l’état de santé des étrangers détenus et que : « une attention particulière est accordée à la situation des personnes vulnérables. (…) » . La situation actuelle des centres fermés ne répond pas à cette exigence.

De façon générale, le Médiateur Fédéral a déjà critiqué l’administration pour le manque d’attention aux besoins des individus vulnérables, tels les personnes âgées, les handicapés ou les femmes enceintes, et a demandé au gouvernement de remédier à cette carence.

Enfin, l’absence de réponse aux besoins spécifiques de certaines catégories de personnes peut transformer une détention régulière en un traitement inhumain et dégradant. La Cour européenne a d’ailleurs condamné plusieurs fois la Belgique pour ce type de violation.

Dans ce contexte, nous, organisations et personnes signataires, exhortons nos élus politiques, Gouvernement, Chambre et Sénat à s’engager pour la suspension immédiate et définitive des détentions administratives des femmes enceintes ainsi que de toutes les personnes considérées comme vulnérables par la loi.

CRER – Coordination Contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation – Bruxelles, Siréas asbl, CRACPE – Collectif de Résistance aux Centres pour Etrangers – Liége, Progress Lawyers Network, CIRE asbl – Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers, La Ligue des Droits de l’Homme, Michel Roland – Médecin, Quinoa, Eric Remacle – Professeur à l’ULB, Hafida Bachir – Présidente de Vie Féminine, Bleri Lleshi – Philosophe politique, CSC Bruxelles Halle Vilvorde – Guy Tordeur, Jean Michel Javaux – ECOLO, Isabelle Durant – ECOLO, George Henri Beauthier – Avocat, Daniel Alliet – Pere de l’Eglise du Beguinage, SESO – Solidarite Socialiste – Francoise Visé, SCI – Service Civil International – Belgique, Groupe migration du PTB – Amitié sans frontières – Bruxelles, ARLAC – Culture et solidarite Latino – Bruxelles, Reginald de Potesta de Waleffe – Bruxelles, Vincent Decroly – Juriste et administrateur de la FREE CLINIC, Veronique Dockx – Avocat, Centre culturel La Tentation – Marisol Palomo, Hicham Chibane – Avocat, Centre culturel Flamand Afrique – Matongé Ixelles, CSP Belgique, Le Déclic – ULB – Lilas Weber, Jean Cornil – Ancien Senateur Socialiste, Pierre Verbeeren – Directeur de Médecins du Monde, JRS Belgium – Jesuit Refugee Service Belgium, Ecolo J, CNAPD, Vanessa Degreef – chercheuse en droit public à l’ULB

Posted by: solidarityshop | March 12, 2013

Nous lui devons la journée de la femme

Aucun d’entre nous n’a le droit de se reposer ou de faire une pause tant que le fascisme, associé aux persécutions sanglantes, au terrorisme, à la famine et à la guerre, n’est pas détruit.
Clara Zetkin

Solidarity Shop soutient la manifestation pour la prise en considération du genre dans les procédures d'asile

Notre organisation aide des femmes afghanes à Kaboul. A ce titre nous sommes en première ligne pour constater les violations graves et systématiques des droits des femmes en Afghanistan.

Les discriminations légales et sociétales dont les femmes sont victimes en Afghanistan doivent être considérées comme des persécutions et donner lieu à une protection.

Posted by: solidarityshop | January 22, 2013

Retour de Kaboul

Retour de Kaboul : l’occupation a changé la société.

 

Samir, tu reviens de Kaboul, quelle est ton impression générale sur la ville ?

La ville est divisée entre très riches et très pauvres. De plus en plus, on voit qu’il s’agit d’une ville sous occupation. Je me suis beaucoup promenée à pied dans la ville. Dans les quartiers riches, je me sentais comme un étranger dans mon propre pays. On ne peut pas s’arrêter deux minutes sans qu’un militaire ne vous apostrophe pour vous demander ce que vous faites là. On ne peut pas sortir un appareil photo.

J’aurais voulu faire un reportage photo qui montrerait les quartiers riches d’un côté et les bidonvilles de l’autre. Je n’ai pas pu. Si j’ai pu faire beaucoup de photos dans les camps de déplacés pashtouns qui vivent dans la plus grande misère, je n’ai pas pu prendre le moindre cliché des luxueuses villas.

Lorsqu’une voiture américaine passe dans un quartier, le réseau GSM est coupé pendant 15 à 20 minutes.

Ils décident tout. La population subit.

Penses-tu que ces mesures de sécurité soient nécessaires pour protéger les ONG ?

Les mesures de sécurité des ONG et des étrangers en général sont exagérées. Elles donnent l’impression qu’ils ont peur de toute la population. Ils n’ont pas peur que des Talibans, ils ont peur de la population pauvre de la ville. Ils ont peur que les pauvres viennent leur réclamer leurs droits.

Que veux-tu dire ?

Dans les camps de déplacés internes, les enfants meurent de froid et de maladies. Ils n’ont rien à manger, beaucoup souffrent de malnutrition grave. Il y a deux portes où ces gens pourraient frapper pour demander de l’aide : le gouvernement et les ONG.

Tous les bureaux du gouvernement et les Ministères sont dans les mêmes quartiers chics où vivent les étrangers. Les pauvres gens ne pourraient pas aller manifester devant un bureau quelconque, ils seraient arrêtés par des murs, des barbelés et des militaires.

Wazir Akbar Khan, par exemple, est un quartier en plein centre-ville. Il est entouré de murs. Personne ne peut y pénétrer, ni taxi, ni piéton, sans une autorisation spéciale des étrangers.

Un trajet de taxi de dix minutes prend 45 minutes parce que le chauffeur doit contourner les quartiers interdits aux Afghans. C’est la même situation que pendant la colonisation anglaise en Inde, des quartiers sont réservés aux blancs et à ceux qui les servent.

Mais les ONG viennent pour aider la population ?

Dans toutes les colonisations, les colonisateurs ont dit qu’ils venaient aider la population. Dans le passé avec des missionnaires, actuellement avec des ONG.

Je suis retourné dans le camp de réfugiés de Nasaji Bagrami, où j’étais allé l’année passée. Durant l’hiver dernier, une vingtaine d’enfants y était mort de froid. Des journalistes avaient dénoncé la situation atroce de ces enfants et le HCR a reconnu qu’il s’agissait de la plus grande erreur de leur histoire : avoir laissé ces gens sans aucune ressource, ni aucun moyen de s’en procurer.

 

Un an plus tard, rien n’a été fait. La vie est exactement la même. Le HCR a organisé dans le camp une distribution de bonnets, de chaussettes et de gants pour les enfants. Ils ont aussi donné une vingtaine de bâches en plastique qui permettaient aux toits des maisons en terre d’être étanches.

Lorsque je suis allé voir les gens du camp en leur demandant simplement ce qu’ils avaient besoin, ils ont demandé ces bâches parce que sans ça, l’intérieur des maisons est humide et glacial tout le temps. Nous en avons acheté 470 pour que toutes les maisons du camp soient recouvertes.

 

Une grande tente sert d’école, elle a été offerte par l’ONG Ashiana. Les enfants grelottaient dedans parce qu’il n’y a avait pas de chauffage. Nous avons acheté un chauffage à bois et du bois pour plusieurs mois. Nous avons aussi équipé les trois mosquées du camp de poêles à bois.

 

Si une toute petite association comme la vôtre arrive à aider autant, pourquoi les grandes ONG n’y parviennent pas ?

Je pense que la plupart des grandes oNG ne veulent pas résoudre les vrais problèmes des gens. Ils ont tellement peur de la population locale qu’ils ne se rendent pas sur place pour demander aux intéressés quel est le problème et comment le résoudre. Ils engagent des spécialistes qui font des rapports pleins de chiffres, de diagrammes et de statistiques qu’ils paient des fortunes. Les salaires des expatriés, de leur personnel afghan et de leurs experts bouffent une grande partie du budget. Sans compter leurs Land Cruisers, les villas, etc… En plus, les agences des Nations Unies, par exemple, dépensent un quart de leur budget à leur propre sécurité.

Il ne reste plus grand-chose pour vraiment aider la population.

Tu veux dire que les ONG n’aident pas du tout ?

Non elles aident. Mais elles maintiennent en place et légitiment un gouvernement corrompu. Un gouvernement intègre qui a vraiment à cœur le sort de sa population ferait un million de fois mieux avec le même budget.

En ce qui concerne les PRT (provincial reconstruction team), là je peux dire qu’ils n’aident pas du tout. Ils ne sont là que pour aider l’avancée de l’armée américaine. Ils n’ont aucun objectif humanitaire.

Le Solidarity Shop aide également des veuves de Kaboul ?

Oui j’ai vu des situations vraiment très difficiles. Des femmes seules avec leurs enfants peinent à survivre. Il n’y a presque pas de travail pour les femmes, surtout pour celles qui n’ont aucune qualification. Elles sont contraintes à la mendicité.

L’Afghanistan a beaucoup changé. La société d’autrefois était tribale, avec ses défauts et ses qualités. Jamais une femme ne se retrouvait sans rien, parce que son clan avait le devoir de l’aider. Les hommes de sa famille auraient été déshonorés si elle mendiait. La société actuelle n’est plus fondée sur les anciens codes d’honneur, mais uniquement sur l’argent. Si vous êtes un voleur ou un trafiquant, vous serez respecté parce que vous avez beaucoup d’argent. Des gens ont de fortunes incroyables, alors que des membres de leur propre famille ont faim. On est vraiment dans une logique individualiste de « chacun pour soi ».

Pour moi c’est la pire chose que l’occupation a amené en Afghanistan.

La situation de misère des veuves et des orphelins est difficile à supporter tant elle est grave. Notre association a distribué des colis alimentaires pour trois mois à 25 familles, mais c’est largement insuffisant.

Qu’espères-tu pour l’avenir ?

A court terme, je veux continuer avec Solidarity Shop et aider le plus possible mon pays. Donner chaque euro là-bas et ne rien dépenser en campagne de publicité.

De manière plus générale, j’espère qu’un jour un Gandhi ou un Nelson Mandela afghan viendra pour en finir avec l’occupation étrangère et pour faire de l’Afghanistan un pays indépendant et en paix.

Je souhaiterais qu’il aille plus loin parce qu’en Inde et en Afrique du Sud, il existe aussi des situations de pauvreté extrême. Je voudrais un pays où tout le monde puisse vivre correctement et rêver à l’avenir de ses enfants.

Samir Hamdard

Posted by: solidarityshop | December 21, 2012

Le marché de Noël au profit des femmes afghanes !!

L’équipe de SolidarityShop tient à remercier chaleureusement tous les participants, tous les intervenants et surtout tous les passants qui se sont arrêtés au shop et qui ont acheté un objet artisanal.Image

Une photo   du stand qui résume bien l’activité de SolidarityShop qui a commencé à Kaboul en fournissant une banque alimentaire pour 50 femmes veuves avec enfants.

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Ensuite une une photo du dépliant pour faire connaître le projet à qui veut bien le lire et le partager avec sa famille, ses amis, les personnes intéressées.

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L’Afghanistan, un pays en souffrance pourtant capable de marier des couleurs vives  aux objets du quotidien.

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Des robes traditionnelles d’une beauté  à faire tomber la burqa !

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Des couleurs chaudes, chatoyantes, des sacs à mains, des bijoux, des miroirs et pas n’importe quels miroirs, il s’agit ici du miroir que la mariée offre à son mari le jour du mariage, le jour où il a découvre, car en Afghanistan, les jeunes mariés ne se voient pas avant le mariage.

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Ce  Noël, ce miroir doit se retrouver sous bien des sapins car il a eu un succès fou ! l’idée du cadeau bien originale et qui, en plus, garantit le bonheur à la personne qui l’achète 🙂

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Ces articles patiemment tissés de petites perles par les mains de nos protégées. Il a une panoplie d’autres  modèles  différents.  SolidarityShop en a encore en stock – AVIS AUX COUTURIERS, AUX ARTISTES, nous pensons que ces petits chefs-d’oeuvre  peuvent se poser sur des robes de soirées, comme on y pose un bijou ou encore peuvent être transformée en ceinture,  en bustier, un ornement rare et raffiné ( tél 0495/55.78.00)

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Pas question de terminer ce reportage sans vous rappeler qui sont les personnes qui portent le projet ! Voici Edith, surnommée, la mère des afghans !

ImageVoici Sandrine, Sandrine, une experte de l’humanitaire sans qui ce projet ne serait pas ce qu’il est.

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Voici, à ma gauche, Selma, la fondatrice du projet, c’est son énergie qui propulse les idées,c’est elle qui  fédère l’équipe et tous les intervenants, qui rassemble les femmes d’ici pour aider les femmes de là-bas !

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Et voici Samir, l’homme qui nous a fait aimer l’Afghanistan, un sage, un homme responsable qui apprécie l’accueil reçu dans notre pays, et qui pour autant n’en oublie pas le sien.

ImageCette année, Elista a mis son sourire et sa chaleur humaine au service du projet ! Nous étions si heureux de sa présence. Merci

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Florence aussi nous a rejoint cette année, elle craignait de ne pas savoir comment faire, après tout, vendre n’est pas son métier! Mais finalement, c’est elle qui a fait le meilleur résultat. Merci

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Natacha, notre troisième bénévole venue nous aider cette année a pu fuir l’objectif 🙂 elle se reconnaîtra dans cette photo et nous lui disons merci.

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Et voici,  Marie-Claire, une amitié Face Book qui se concrétise dans la réalité (en tout cas pour ma part) mais Marie-Claire connaît Selma depuis des années et les retrouvailles sont remplies de joie. Merci de ta visite Marie-Claire et de ta participation, cela fait chaud au coeur.Image

Finalement, le Père Noël est passé avec son message UNIVERSEL, de paix et d’amour. Nous en avons profité pour lui faire signer le contrat pour l’emplacement de Noël 2013. Il était intéressé par l’artisanat afghan, nous a pris quelques articles ,  et nous a donné rendez-vous pour l’an prochain, même heure, même place mais avec un NOUVEAU stock, de NOUVELLES CHOSES à présenter à tous les passants et les sympathisants du projet. Merci à tout le monde. Nous précisons que nous ne sommes pas des professionnels de l’humanitaire, que nous faisons tout bénévolement, pas un cent n’est retenu pour quoi que ce soit, les frais n’existent pas, et TOUT est envoyé à ces dames afghanes que nous voulons soutenir dans leur pays !

Merci !

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